Nouveauté !
Le transgénérationnel chez les célébrités

Tome 2
Par Thierry Gaillard, Denise Morel-Ferla, Élisabeth Horowitz, Manuelle Sekely, Brigitte Besset-Collet, Eléonore Béchaux, Tamara Boyer
(168 pages , Ecodition 2017 , ISBN 9782940540211)
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Gustave Courbet, Louis Aragon, Michael Caine, Antoine de Saint Exupéry, Romain Gary, Alexandre Jardin

Cet ouvrage présente une sélection d’analyses transgénérationnelles de plusieurs personnalités célèbres. Les auteur-e-s nous invitent à dépasser les apparences pour découvrir l’envers de ce qui est déjà connu du grand public. Au-delà de tout jugement, ces analyses révèlent de quelle manière ces « célébrités » ont dû composer avec les histoires de leurs aïeux, leurs deuils non faits notamment, dont ils n’ont généralement pas été conscients.

Ces exemples nous incitent à nous interroger sur nos propres héritages transgénérationnels inconscients. Ils nous sensibilisent à l’importance d’un travail introspectif, à la nécessité d’être attentifs à nos symptômes, à nos projections, aux impressions de « déjà vu », à nos rêves, pour aller à la rencontre de nos propres origines et de nous-mêmes.

Extrait :

Gustave Courbet entre ombre et lumière
par Thierry Gaillard
La vie et l’œuvre du peintre français Gustave Courbet (1819-1877) sont passionnantes à plus d’un titre. Autodidacte, à force de travail, il sera internationalement reconnu comme un grand maître et un précurseur dans l’histoire de la peinture. Cependant, alors que tout lui réussit, il devra s’exiler et se réfugier en Suisse, à La Tour-de-Peilz. En effet, à la suite d’importants événements politiques auxquels il fut mêlé, jugé de manière partiale et abusivement condamné, il dû s’enfuir clandestinement en 1873 pour échapper à la prison et à la ruine. Ainsi, en plus d’avoir été un précurseur dans l’histoire de la peinture, Courbet annonçait en quelque sorte aussi les exils et migrations que nous observons aujourd’hui à l’échelle de la planète.
Dans sa commune d’accueil l’artiste poursuivra son œuvre, comme s’il habitait dorénavant sa peinture, au-delà des frontières, au-delà du temps. Mais sa condamnation et ses laborieuses tractations avec les autorités françaises pour tenter de retrouver ses libertés l’affecteront. Une maladie l’emportera prématurément à l’âge de 57 ans, le 31 décembre 1877. Devenu immortel par son génie artistique, son heure était-t-elle venue ? À la Tour-de-Peilz, face au coucher de soleil qui rougeoie le ciel autant que l’eau du lac Léman, le phénix a pris congé de cette vie pour peut-être renaître sous d’autres auspices.
Ayant passé mon enfance à La Tour-de-Peilz j’avais bien sûr entendu parler de Gustave Courbet. Le célèbre peintre, personnalité tonitruante et chef de file d’un nouveau courant - le réalisme -, a laissé des traces de son passage. Une des écoles que j’avais fréquentée porte son nom. Dans le vieux port une plaque indique la dernière demeure du maître, et, sur la fontaine de la place du temple trône le buste « La liberté » qu’il avait offert à la commune pour la remercier de son hospitalité.
Ma curiosité fut piquée à vif lorsque j’ai récemment appris que Courbet était ce que l’on appelle dans le jargon des psys un « enfant de remplacement ». Est-ce à cause de cela, ou plutôt grâce à cela, qu’il serait devenu un artiste de génie ? Et pourquoi Courbet n’avait-il pas pu rebondir et faire le deuil de son ancienne vie lorsqu’il fut accueilli en Suisse ? Faut-il chercher la réponse dans ces deuils non faits que les enfants de remplacement héritent de leurs parents ? En effet, les analystes transgénérationnels le savent bien, un tel héritage peut entraîner dans une chute vertigineuse ceux qui se brûlent les ailes pour s’être trop approchés du soleil - comme Icare. Le « star système » regorge de tels exemples.